Fête des Tuiles à Grenoble. Acte I : la conférence de Jean Sgard.

Samedi prochain se tiendra la Fête des Tuiles sur les Cours Libération et Jaurès.
Je suis allée à la conférence publique organisée par l’Association Stendhal, qui se tenait le 2 juin à 18h dans la salle de conférence de la Maison du Tourisme de Grenoble (Rue de la République).

Visuel de l'évènement de la Fête des Tuiles

Visuel de l’évènement de la Fête des Tuiles

Après une rapide introduction concernant la Fête des Tuiles qui se déroulera le samedi 6 juin, Olivier Bertrand (Conseiller Municipale, délégué Animations) a expliqué que cette journée se veut être un évènement participatif. Il regroupera au total une centaine d’associations qui animeront des stands parlant de sports, d’art… On comptera aussi lors de cette journée un marché de producteurs.Cette journée sera à l’honneur dans Gremag, qui ferra un point sur les activités et les lieux où elles seront développées. Surveillez vos boîtes aux lettres !

La conférence était animée par Jean Sgard, qui comme l’a rappelée Catherine Mariette, est un historien spécialiste du XVIIIè siècle et de l’abbé Prévost.

C’est en 1835 que Stendhal, qui avait alors 5ans lors de la Journée des Tuiles de 1788, écrit ses mémoires concernant cette journée. Il fait référence à un dîner qui se passe tranquillement, avec des vieillards, amis de son grand-père, dans l’appartement Gagnon (situé 20, Grande Rue)
Il y a un véritable contraste entre le récit de Stendhal et celui d’un paysan, dont monsieur Sgard nous a lu des extraits. Ainsi, si Stendhal parle d’un ‘dîner paisible’, le paysan parle quant à lui de bruits effroyables.
Stendhal voit deux choses de la fenêtre de l’appartement : une vieille femme qui s’enfuit en courant, en remontant de la place Grenette, ses souliers à la main, en criant ‘Je me revorte !’ et un chapelier, qui meurt.

Si Stendhal veut faire état de cette journée d’après ses mémoires, il se refuse à inventer une histoire. Il ne veut parler que de ce qu’il a vu de ses yeux ! Ce qui compte pour lui, ce ne sont pas les dates, mais bien les souvenirs nets qu’il garde de cette journée. Qu’ils soient des témoignages de ceux qui ont vu ou des souvenirs qui se sont accrochés à lui par ses yeux.
Le conférencier nous a ainsi parlé de ses doutes quant à la possible présence de Jean-Baptiste Bernadotte (qui deviendra Maréchal de Napoléon, puis roi de Suède. C’est d’ailleurs sa descendance qui est sur le trône de Suède à l’heure actuelle) sur le lieu de la révolte. Ce dernier serait représenté sur la peinture de Debelle (‘La journée des tuiles’, au Musée de Vizille) comme décrit par Michelet, avec un nez crochu.
Le principal témoin de sa présence serait Stendhal, même s’il ne l’a pas vu : il rapporte le récit du perruquier de son grand-père, qui déclare lui avoir sauvé la vie alors qu’il aurait pris une pierre ou une tuile sur la tête.

Enfin, deux éléments me paraissent important à souligner sur le récit de cette journée.
Premièrement, le rôle des femmes dans la révolte : ce sont elles qui ferment les portes et qui empêche un secours extérieur.
Deuxièmement le fait que les gens n’ont dans un premier temps envoyés sur les soldats que les pierres qui scellent les tuiles ensemble. Stendhal est formel et l’ajoute d’ailleurs à la relecture de son manuscrit : ce sont les soldats qui chargent les premiers la foule, qui se révoltera par des jets de pierres.
Néanmoins, Louis XVI avait interdit que l’on tire sur la foule. Les soldats ne combattent pas et vont donc se réfugier à l’Hôtel du Gouvernement.

J’ai beaucoup apprécié dès le départ le ton employé par Monsieur Sgard qui se veut raconter des faits historiques, comme une histoire, mais qui donne assez de détails pour étayer ses propos. On se rend bien compte qu’il fait état d’une recherche universitaire, mais il a vraiment su captiver son auditoire. Il a fait de cette conférence un récit argumenté et très bien documenté qui était vraiment très intéressante !
On a pu écouter des passages des livres de Stendhal, Michelet ou des archives qui émanent de récits paysans.
Cet évènement m’a aussi permis de découvrir les activités de l’Association Stendhal, que vous pourrez retrouver sur leurs sites web (il y a en a 10 à 15 par an)

Pour aller plus loin
– Sgard Jean, Les trente récits de la journée des tuiles, PUG, Collection L’Empreinte du temps, 1988.
– Larousse Online : La Journée des Tuiles 
– Herodote Online : La Journée des Tuiles
 Lectura Online : Marie-Henry Beyle

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