Réflexion. Critères d’appartenance à la communauté sâme.

Toi que j’étudie depuis un certain temps déjà, je ne comprends pas. Je ne comprends pas les critères de l’entièreté de ton affiliation à cette communauté du Grand Nord.
On t’attribue dans les grands livres épais universitaires une économie basée sur le renne depuis la nuit des temps. Tu le laissas d’abord en liberté, te contentant de le suivre dans ses migrations.
Puis la découverte de la mine dans la première moitié du XVIIème siècle a fait tout basculé pour toi. Une économie d’échange avec les colons te rend tout à coup dépendant d’eux et de ce qu’ils t’amènent : il semble fondamental de parquer ces rennes, d’en posséder un peu plus. La fourrure semble aussi importante pour la survit de ta communauté pour se protéger du froid que pour faire des échanges de bien que ne pouvais produire/posséder jusqu’à présent.

johan-turi

Johan Turi, repertorié comme le premier sâme écrivant pour et sur sa propre communauté. Source : http://www.barbarasjoholm.com/travels/hatt.html

Alors pour résumer les particularités de cette minorité reconnue de Suède, j’ai finit par noter dans un coin jaunit d’une feuille :
‘- Yoik, chant de a capella, qui peut être accompagné de tambour, instrument servant aux rituels. Attribution d’un langage codé à l’époque des colonies
Duodji, artisanat sâme
Langage sâme particuliers. 3 différents en Suède. 9 au total des quatre pays.
– Tradition d’élevage du renne. Qu’en reste t-il aujourd’hui ?

Ces critères doivent-ils tous être présents pour être accepté/se sentir appartenir à cette communauté ?’

Le nordiska museet montre aussi comment des scientifiques ont mesuré tes ancêtres, fouillé ta génétique pour savoir qui tu étais. On se rappelle qu’à d’autres époques et sous d’autres régimes, cela a amené à des drames.

Alors qu’en est-il aujourd’hui ?
J’ai rencontré cette femme à Luleå qui travaillait dans ce musée. Elle ne cache pas son appartenance à la communauté sâme, bien que son père soit suédois et qu’elle n’est quasiment rien gardé des tradition de la nuit des temps dans son quotidien.

Mais pour contre balancé, j’ai aussi rencontré cette femme née dans les années 60 qui a dit clairement ‘je suis suédoise. Dans m’a famille on était sâme, il y a trois générations. Mais ça s’était avant. Vous savez avec les mariages et tout, ça se perd’
Il semble bien que le tournant, et la honte peut-être, d’appartenir à cette communauté se fasse dans les années 60. On voudrait cacher sa génétique, noyer ses traditions.

Il y a ce témoignage émouvant, qui sort des écouteurs de l’audio-guide du Nordiska Museet, de cette jeune femme qui explique que sa grand-mère ne veut plus lui apprendre le sâme parce qu’il ne permet pas l’intégration. Mais aussi qu’elle lui conseille plutôt d’apprendre à taper sur une machine à écrire plutôt que de s’abîmer les doigts en travaux manuels.

Dans l’actuel, où les différences et es identités culturelles se poussent à être revendiquées, cette fierté d’appartenance revient au triple galop, bien que les critères d’adhésions à la communauté changent ou ont changé.

Alors en temps que scientifiques et chercheurs que doit-on prendre en compte ? Des données factuelles et génétiques ? Ou les véritables ressentis, bien que multiples de ces populations ?
J’opterai pour l’écoute des populations concernées, puisqu’après tout, ce sont aussi elles qui doivent décider de leur propre avenir. Mais ma réflexion est encore ouverte, je cherche. Comme un renne chercher du lichen en grattant avec ses cornes sous la neige. J’ai tellement peur de faire des raccourcis, d’oublier des choses. De rendre un travail qui soit bien loin de la réalité..

Epilogue : je travaille actuellement à l’écriture d’un mémoire concernant les sâmes, peuple autochtone qui se distribue sur la partie nord de quatre pays : Norvège, Suède, Finlande et la péninsule de Kola en Russie. Je travaille plus particulièrement sur les sâmes suédois. Mais l’essence même du sentiment d’appartenance qui lie ces personnes à leur communauté m’échappe encore.

Si vous avez un avis, une comparaison avec une autre communauté, n’hésitez pas à me laisser un commentaire. Et si vous voulez ma bibliographie de référence, faite le moi savoir, je vous la communiquerai avec grand plaisir. E.

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