Au-delà du cercle polaire arctique. Chronique.

Longuement délaissée, parfois détestée, tu représentais pour les ‘gens du sud’ cette indéniable immensité, cette neige éternelle et ce froid glacial.
Ce froid glacial qui paraissait les transir, jusque dans leurs pires cauchemars sans qu’ils n’y ai jamais goûtés.

Ils ont débarqué au début du XXème siècle, sans prévenir. Ils ont débarqué tel un ouragan dévastateur sur les paysages d’Amérique du Nord. La découverte du minerai de fer qui affleure dans tes plaines t’as redonné toute ta splendeur. Tu as vu accourir jusqu’à tes flancs des centaines de travailleurs. Ils étaient bien tous décidés à faire fortune, à couvrir leurs princes de richesses indénombrables. La plupart n’avaient en rien oubliés les trésors ramenés d’Amérique du Sud et comptaient bien en être, de ces riches pionniers qui posent sur des photographies jaunies, un sourire béat au lèvres. Pelles, pioches, chemises à carreaux rouges et coiffés de leur Akubra australien, tu leur en as donné du fil à retordre.

La ville s’est rapidement agrandie. Trop rapidement peut-être. L’heure n’était pas à la réflexion urbanistique. Il fallait des foyers. Beaucoup de toits pour réfugier ceux qui avaient le courage de venir découvrir les entrailles de ta terre. Ou qui avaient simplement soif de richesses. Les maisons ont poussés comme des petits champignons après la pluie. Un peu partout et de manière anarchique sur ta colline et sur tes plaines.

Peu de ces gens se sont attardés sur le sort des populations qui vivaient là depuis la nuit des temps. Avec leurs grandes bêtes à cornes, aux pelages doux et chauds, avec leur manies si incomprises de déménager si souvent pour suivre leur pitance.

Quelle sera ton visage demain, grande capitale du Nord ? Que te restera t-il quand les galeries qui te sclérosent auront finis leurs oeuvres ? Le parc progresse, on cache ta misère, ton dévouement et ta charité sous de grands arbres, de jolies patinoires où il fait bon glisser les chaudes après-midi d’hiver.

Merci à toi Kiruna, de m’avoir offert en tes rues cette première expérience d’au delà du cercle polaire. Ce voyage qui m’aura permis d’appréhender la véritable peur des gens d’ailleurs, qui, par pure croyance, fuyaient devant tes lumières, couleurs aventurine.
Ces lumières de veillées de mars. Loin du foyer protecteur et doux.

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